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ILS SONT MORTS AU SERVICE DE LA FRANCE

Le vendredi 2 février 2018, deux hélicoptères de l’école de l’aviation légère de l’armée de Terre (EALAT) basés à Cannet-des-Maures se sont écrasés sur la commune de Carcès. L’accident s’est produit lors d’un vol d’instruction.

Madame Florence Parly,
   ministre des Armées.

 

Éloge funèbre des cinq officiers disparus dans l’accident
du 2 février 2018

 


Le Luc-en-Provence, le 7 février 2018

 

Seul le prononcé fait foi

 

Monsieur le Préfet,
Mesdames et messieurs les élus,
Monsieur le chef d’état-major de l’armée de terre,
Messieurs les officiers généraux,
Officiers, sous-officiers, brigadiers chefs, brigadiers et soldats,
Mesdames et messieurs,
 


Vendredi 2 février. Dans la paisible fraîcheur de ce matin d’hiver, cinq de nos officiers, cinq de vos frères d’armes, de vos amis, de vos maris, de vos pères, partaient pour une séance d’instruction.

Ce vendredi 2 février, deux hélicoptères Gazelle de la base école Général Lejay ont décollé et quelques minutes plus tard la France perdait cinq de ses serviteurs les plus dévoués.


Colonel Stéphane Chaon
Chef de bataillon Patrick Vasselin
Chef de bataillon François Mille
Chef de bataillon Quentin Gibert
Chef de bataillon Sébastien Grève



Vos noms aujourd’hui résonnent comme autant de blessures.
De blessures pour vos frères d’armes de la base école Général Lejay comme du 4e régiment d'hélicoptères des forces spéciales.
De blessures pour vos familles, pour vos proches, pour tous ceux qui vous aimez et vous aiment encore.
De blessures, enfin, pour la France, qui perdait alors 5 de ses enfants, partis pour l’avoir servie.

Jeunes, vous avez tous fait le choix du métier des armes, le choix du service, le choix du courage.

Vous avez choisi l’Armée de terre, le frémissement de l’action, la chaleur de la fraternité d’armes.

Vous avez gravi les marches, surmonté les épreuves, connu les rigueurs de l’entraînement, affronté l’adversité en opération.  

Vous avez choisi l’ALAT, d’apprendre à maîtriser le ciel, à manier l’art subtil et exigeant du vol.

Vous vous êtes inscrits dans les pas glorieux de tant de vos aînés. Guerre du Golfe, Ex-Yougoslavie, Kosovo, République de Côte d’Ivoire, Afghanistan, République Centrafricaine, bande sahélo-saharienne… Indissociables de l’action des unités engagées au sol, les hélicoptères de l’armée de Terre sont de tous les combats, de tous les engagements, de toutes les missions au service de la France.   

Vous avez choisi d’apprendre et d’enseigner. Vous êtes partis lors d’un vol d’instruction. Quelle plus belle vocation ? Sur la base Général Lejay, le savoir se transmet, les hommes apprennent, partagent, échangent.

Ici, se forgent les destins des aéro-combattants, capables de s’emparer des airs et de s’affranchir des contraintes du terrain. Ici, les meilleurs instructeurs partagent leur expérience et forgent les savoirs et les caractères qui permettent à nos forces, et notamment au 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales, de s’imposer en opérations.

Ici, face à un ciel calme puis déchaîné, paisible puis impétueux, on apprend l’humilité, l’excellence, la rigueur.

Cinq officiers sont partis. Cinq officiers brillants, passionnés.

Vous tous, frères d’armes de la base école Général Lejay et du 4ème régiment d’hélicoptères des forces spéciales, vous partagiez avec eux une vie, une passion, un idéal. Jamais, les mots « frères d’armes » n’ont eu autant de sens. Face à la tragédie, n’ayez pas peur, exprimez votre peine, partagez vos souvenirs, mais faites front.

Faites front pour repartir à l’assaut des airs et transmettre l’excellence.

Faites front pour porter leur mémoire, aider leurs familles, faire vivre leur idéal. Vous ne les oublierez jamais et vous n’oublierez jamais le sens de leur engagement.

Cinq officiers sont partis. Cinq officiers qui, chacun, incarnaient une facette de nos armées.


 
Colonel Stéphane Chaon

 

Vos mots avaient un poids. Leur écho, votre culture, vos conseils demeurent, comme gravés dans les âmes et les mémoires de tous ceux qui ont eu la chance de croiser votre chemin.

Ce chemin a été celui de l’engagement pour la France, dès 19 ans, à l’école nationale des sous-officiers d’active de Saint-Maixent. Vous choisissez l’aviation légère de l’armée de Terre et rejoignez le 3e régiment d’hélicoptères de combat à Etain. Votre parcours est fait de succès brillants comme à l’école militaire interarmes de Coëtquidan, où vous vous classez troisième. Au 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau comme au sein du groupement aéromobilité de la STAT à Chabeuil, vous montrez habileté technique et stratégique. Surtout, vous cultivez ce goût et ce don pour la pédagogie.

Vous avez fait don de vous pour les autres. Vous devenez naturellement instructeur, vous rejoignez l’école franco-allemande du Cannet-des-Maures et, en 2013, la base école général Lejay. Depuis quelques mois, vous en étiez devenu le directeur adjoint à la division de la formation à l’aérocombat, juste reconnaissance votre engagement et de votre qualité.

L’engagement pour la France, c’est le dépassement de soi. Vous en avez été un modèle, un exemple. Vous incarniez ici la passion de l’enseignement, de la transmission, de l’écoute. Vous étiez exigeant pour vos élèves, rigoureux pour vous-même. Vous ne reculiez devant aucun effort. Jusque dans le sport, vous choisissiez le dépassement et c’est dans le trail et le triathlon que vous excelliez.

De nos armées, vous étiez le visage de l’humanité, tout entier tourné vers l’autre. Tourné vers ces associations à qui vous vous donniez sans compter. Tourné vers votre famille, votre épouse, votre fille à qui vous transmettiez le goût du partage et de l’exigence.

Colonel Stéphane Chaon, sait-on trouver les mots justes pour dire sa reconnaissance ? Chaque pilote que vous avez formé, chaque camarade que vous avez aidé, tous, aujourd’hui, vous entourent. Pour eux, pour la France, vous n’avez pas seulement été un chef, vous avez été cette inspiration : sincère, vigilante, réconfortante.

 

 


Chef de bataillon Patrick Vasselin
 

Précis et méticuleux, vous avez reconstitué avec vos figurines bon nombre de batailles. Mais des batailles, vous en avez tant menées, pour la France, pour votre famille, pour tous ceux que vous formiez.

A 19 ans, vous intégrez l’école national des sous-officiers de l’active de Saint-Maixent. Vous aimez l’aéronautique et vous choisissez alors la voie de l’excellence et de la passion. Devenu pilote d’hélicoptère, vous êtes affecté au 1er régiment d’hélicoptères de combat de Phalsbourg puis au 3e régiment d’hélicoptères de combat à Etain. Vous vous y illustrez comme un travailleur inlassable, un militaire sans peur, un pilote aguerri.

Un goût et un talent rares pour le commandement, vous amènent à rejoindre le corps des officiers. Au 6e régiment d’hélicoptères de combat de Compiègne, puis à nouveau au 1er régiment d’hélicoptères de combat de Phalsbourg, vous savez inspirer vos hommes et tirer le meilleur d’eux-mêmes. Au Kosovo, en Côte d’Ivoire, au Tchad vous réussissez vos missions, vous montrez votre valeur et vous savez transmettre aux plus jeunes votre talent. Vous fédérez vos hommes et vous leur montrez la voie vers le succès de nos armes.

Il y a bientôt 6 ans, vous retrouvez cette base école Général Lejay, que vous aviez si bien connue comme stagiaire. Ici encore, vous mettez toute votre expérience au service de la formation de nos pilotes. Avec vous, c’est aussi, un peu, un autre formateur que les élèves gagnaient. Napoléon, partout, vous accompagnait. Et par vous, ses souvenirs, ses anecdotes, ses citations, bruissaient dans les murs de cette école.

Votre force, votre inspiration, chacun sait quelle en était la source. C’était votre famille dont les portraits ornaient votre bureau, provoquaient vos sourires, nourrissaient votre énergie.

Chef de bataillon Patrick Vasselin, certains liens ne se briseront jamais. Ceux de l’amour, ceux tissés avec vos élèves, qui voyaient en vous un chef aguerri et inspirant.


 


Chef de bataillon François Mille


Votre rire, votre joie, votre enthousiasme semblent encore éveiller les murs de la base école Général Lejay. Personne ici n’oubliera « Milou », vos facéties, votre bonheur, ce supplément d’âme que vous donniez avec une authentique générosité.


Vous vous engagez, vous aussi, à Saint-Maixent et seule la passion guidera votre parcours. Vous rejoignez le 3e régiment d’hélicoptères de combat à Etain où vous montrerez aussi fin technicien que tacticien. En Côte d’Ivoire comme en Afghanistan, vous montrez votre habileté au combat, votre brio dans l’action. Dans toutes vos missions, face à des conditions hostiles et des ennemis prêts à tous les sévices, vous avez fait preuve de cette calme détermination qui a permis nos succès et fait honneur à notre drapeau.

Depuis près de six ans, vous aviez rejoint cette base-école. Vous y êtes devenu cet instructeur dynamique et talentueux, qui savait inspirer ses élèves et leur donner le goût d’apprendre.

Votre joie de vivre, si communicative, vous la tiriez aussi de votre épouse, de vos deux enfants. Il n’est pas une seconde où vous ne cherchiez à les faire rire, à les aider, à les aimer.

Vos enfants monteront à cette cabane que vous bâtissiez pour eux, ils se rapprocheront de vous, traverseront les nuages, riront avec vous, pleureront avec vous, vivront avec vous.  

Chef de bataillon François Mille, qui piègera demain les bureaux de la base école Général Lejay ? Personne ne remplacera votre fougue et votre joie, mais tous ici se souviendront que vous avez donné un sens et un visage au mot « amitié ».


Chef de bataillon Quentin Gibert

 

Votre joie de vivre, ce goût du rêve et de la nature ont fait de vous ce soldat vif, curieux, passionné.


Engagé en qualité de sous-officier à Saint-Maixent, vous trouvez votre vocation dans le service de la France. Vous vous distinguez par votre talent, votre intelligence, votre ingéniosité et vous sortez major de votre stage pilote ALAT. Dès votre première affectation au 1er régiment d’hélicoptères de combat, vous êtes un pilote particulièrement doué, rapidement aguerri, déterminant pour le succès de votre escadrille. Vous servez brillamment au Mali, à Djibouti et vous réussissez les tests si exigeants pour intégrer le 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales.

Fortement mobilisé, vous intervenez au Sahel, puis à nouveau à Djibouti. Vous êtes un pilote soldat décisif : déterminé, stoïque, volontaire. Vous êtes aussi un camarade essentiel : drôle, astucieux, fédérateur.

Désireux d’apprendre, de vous dépasser, vous aviez rejoint depuis quelques jours seulement la base école Général Lejay.

Gibbs. Tel était votre surnom chez vos frères d’armes du 4e RHFS. Je ne me risquerais pas à des comparaisons avec ce personnage de fiction. Je sais néanmoins que vous étiez comme lui brillant, attachant et bienveillant.

Au bar l’Escadrille, vos anecdotes manqueront tout comme manqueront ce sourire malicieux, ces conseils, cette bienveillance qui rassuraient vos camarades et vous étiez un peu de l’âme et de la joie de vivre de votre régiment.

Votre épouse accompagnait vos récits, vos aventures, vos pensées. Vous lui portiez cet amour franc, sincère, fait de rêves communs et d’une soif d’aventures partagées. Elle faisait partie de votre vie et de vos histoires, elle faisait donc partie de votre régiment où je sais qu’elle trouvera refuge et affection.

Chef de bataillon Quentin Gibert, vous étiez un homme accompli : aimant, fin, aventureux. Vous laissez dans le cœur de votre famille, de vos camarades, de tous ceux qui vous ont côtoyés un vide et pour la France, un manque.


 


Chef de bataillon Sébastien Grève

 

L’énergie, l’honnêteté, la générosité, voilà des valeurs que nos armées représentent. Des valeurs que vous avez incarnées tout au long de votre vie.

Engagé en 2009, vous intégrez le 4e bataillon de l’école spéciale militaire à Saint-Cyr Coëtquidan. Très tôt, votre parcours est celui d’un soldat mature, exemplaire, volontaire. Vous vous distinguez en école d’application à Dax et, président de stage, vous vous engagez sans compter pour les autres. Affecté au 1er régiment d’hélicoptères de combat, vous mettez votre passion du vol au service de l’aérocombat, de l’identification, du renseignement. Vous y avez quelques talents qui vous permettent d’obtenir la qualification d’officier renseignement en finissant major de votre stage.

Vous vous illustrez par votre intelligence comme par votre courage, dans le quotidien de l’escadrille comme en opérations. Votre conduite et votre action exemplaires sous le feu ennemi, vous vaudront, lors de l’opération Sangaris, d’être cité à l’ordre du régiment. En 2016, vous réussissez les tests de sélections pour rejoindre le 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales. Vous aussi, vous n’aviez rejoint la base école Général Lejay que depuis quelques jours.

Par votre grande droiture, vous avez été un modèle pour vos camarades. Vous le resterez. Vous leur avez montré le sens de l’exigence, la pertinence de l’effort, le goût du courage. Vous aviez cet humour piquant et cette douce bienveillance, qui faisaient de vous un camarade aimé.

Je pense à votre famille, à vos enfants. Partout, vous avez laissé le souvenir d’une famille rayonnante, parce que profondément soudée, liée, unie.

Chef de bataillon Sébastien Grève, demain, dans la chorale de la paroisse de Lescar en Béarn, votre voix ne résonnera plus, mais son écho, lui, sera toujours aussi vif pour vos frères d’armes, pour vos proches, pour vos familles.

 


 Colonel Stéphane Chaon
Chef de bataillon Patrick Vasselin
Chef de bataillon François Mille
Chef de bataillon Quentin Gibert
Chef de bataillon Sébastien Grève


Vos noms rejoignent ceux de tous vos camarades morts en service ou en opérations. Vous avez donné votre vie pour servir la France, elle ne l’oubliera pas.

Je veux dire à vos familles, réunies dans la douleur que la République ne les abandonnera pas. Vos pères, vos maris, vos fils avaient des frères d’armes qui vous entoureront, qui vous accompagneront. Toutes nos armées seront là pour vous, pour vous aider à traverser la peine et reconstruire la vie.

En ce jour, toute la Nation vous manifeste sa reconnaissance, elle sera toujours là demain et les jours d’après pour vous accompagner, vous aider, vous épauler.  

J’aimerais enfin m’adresser aux plus jeunes d’entre vous. Pourquoi ? Pourquoi ce départ ? Pourquoi cet engagement ? Ces questions, vous vous les posez sans doute. Qui ne se les poserait pas, en apprenant que Papa ne rentrera pas ce soir.

Quand le doute se fera trop grand, l’absence trop pesante, la douleur trop forte. Souvenez-vous de ce qui les a animés, fait vibrer et rendus fiers. Ils sont morts en servant leur pays, parce qu’ils se sont donnés, corps et âme, à une cause plus grande qu’eux. Ils ont vécu et ils sont partis car ils ont jugé que l’on pouvait mourir pour la France, pour la Liberté.

Alors, les yeux rivés vers ce ciel que vos pères ont tant de fois dompté, pensez à eux, soyez fiers, inspirez-vous de leur courage.

Et gardez à l’esprit, ce qui était sans doute leur espoir le plus cher : celui que vous puissiez, comme eux, vivre vos rêves et les vivre libres.

 
 
 


Colonel Stéphane CHAON

Né le 20 décembre 1973 à Grenoble (38), le colonel Stéphane CHAON a servi la France durant plus de 23 ans.

Le 1er octobre 1994, il s’engage au titre de l’école nationale des sous-officiers d’active de Saint-Maixent. Il continue sa formation à l’école d’application de l’aviation légère de l’armée de Terre à Dax et obtient brillamment son brevet de pilote. Il rejoint le 3e régiment d’hélicoptères de combat à Etain le 22 janvier 1996. Il participe à une opération extérieure en ex-Yougoslavie du 3 mars au 26 juin 1998.

En 1999, il est admis à l’école militaire interarmes de Coëtquidan. Brillant et obtenant des résultats éloquents, il se classe 3e de sa promotion sur 153 élèves officiers. Il est nommé lieutenant le 1er août 2001 et rejoint à cette date l’école d’application de l’aviation légère de l’armée de Terre pour continuer sa formation technique. Volontaire et perfectionniste, son aisance et son assurance lui permettent de devenir très rapidement un excellent chef de patrouille.

En 2002, il est affecté au 5e régiment d’hélicoptère de combat de Pau en qualité de chef de patrouille. Particulièrement expérimenté, il possède une excellente maîtrise technique et tactique et s’investit dans l’instruction qu’il affectionne tout particulièrement. Le 1er août 2005, il est promu capitaine.

Il est muté en juillet 2007 au groupement aéromobile de la section technique de l’armée de Terre à Chabeuil et prend le commandement de l’escadrille des moyens aériens. Officier particulièrement rigoureux, il permet à son escadrille de réaliser l’ensemble des missions d’expérimentations et obtient ainsi d’excellents résultats.

En 2009, il rejoint l’école franco-allemande au Cannet-des-Maures en qualité de chef de cellule gestion des moyens, puis en tant que responsable de l’organisation des tirs. Faisant preuve d’une très grande capacité d’analyse et de synthèse, il agit avec rigueur et professionnalisme. Il obtient le diplôme d’état-major en 2010 et est promu commandant le 1er août 2011. Ses grandes qualités de pédagogue l’amènent, en 2013, à rejoindre la base école général Lejay en qualité de chef de la formation « hélicoptère reconnaissance attaque ». Il s’implique dans la réorganisation des capacités de la division. Il est promu lieutenant-colonel le 1er août 2017.

Le vendredi 2 février 2018, deux hélicoptères de l’école de l’aviation légère de l’armée de Terre basés au Cannet-des-Maures se sont écrasés près de la commune de Carcès. L’accident s’est produit lors d’un vol d’instruction. Le colonel CHAON trouve la mort dans cet accident. Il totalisait 2500 heures de vol.

Le lieutenant-colonel CHAON est titulaire de la médaille d’or de la défense nationale et de la médaille commémorative française avec agrafe « ex-Yougoslavie ».

Marié et père d’une fille, le colonel CHAON est mort en service.

 

 

 

Chef de bataillon Patrick VASSELIN


Né le 18 novembre 1965 à Vitry-sur-Seine (94), le chef de bataillon Patrick VASSELIN a servi la France pendant plus de 33 ans.

Il intègre l’école nationale des sous-officiers d’active le 1er octobre 1985. Passionné d’aéronautique, il poursuit sa formation à l’école d’application de l’aviation légère de l’armée de Terre (EALAT) à Dax.

Affecté en 1986 au 1er régiment d’hélicoptères de combat à Phalsbourg comme pilote hélicoptère d’attaque, il montre d’emblée un goût prononcé pour les responsabilités et le commandement. Il prend part à l’opération Daguet en Arabie Saoudite en 1990 où il s’illustre en participant à sept missions de reconnaissance offensive. Qualifié chef de bord sur hélicoptère léger « appui protection et antichar » l’année suivante, il complète sa formation en obtenant le certificat tireur « missile HOT ».

Le 1er août 1994, il est muté au 3e régiment d’hélicoptères de combat à Etain. Chef de bord expérimenté et aguerri, il effectue une mission en mer à bord du transport de chaland de débarquement Siroco en 1998. Travailleur inlassable, il réussit successivement son brevet de moniteur sur hélicoptères et le concours d’admission des officiers d’active des écoles d’armes.

Il rejoint ainsi l’école d’application de l’aviation légère de l’armée de Terre au Cannet-des-Maures en 2000 pour y effectuer sa scolarité. Déterminé et motivé, il termine brillamment sa formation d’officier par l’obtention de la qualification de chef de patrouille.

En 2001, il est affecté au 6e régiment d’hélicoptères de combat à Compiègne. Chef de patrouille et moniteur compétent, il transmet avec enthousiasme et pédagogie son savoir-faire aux jeunes pilotes. En janvier 2002, il est engagé comme chef de patrouille au Kosovo puis il embarque en décembre sur le porte-hélicoptères Jeanne d’Arc. En 2004, il est à nouveau projeté au Kosovo, puis en République de Côte d’Ivoire. Il manifeste durant ces opérations de très belles qualités professionnelles.

Le 1er juillet 2007, il est muté au 1er régiment d’hélicoptères de combat à Phalsbourg. Officier passionné par son métier, il est apprécié pour son goût de l’effort et son exemplarité en toutes circonstances. C’est tout naturellement qu’il se voit ainsi confier le commandement de l’escadrille de commandement et de logistique en 2010. A la tête de son unité, il emporte aisément l’adhésion de ses subordonnés et obtient d’excellents résultats.

A l’été 2012, il retrouve l’école de l’aviation légère de l’armée de Terre au Cannet-des-Maures. Moniteur expérimenté et chef de la filière tactique, il s’implique dans la conception et dans la conduite de la réorganisation des actions de formation et réalise un travail de très grande qualité.

Le vendredi 2 février 2018, deux hélicoptères de l’école de l’aviation légère de l’armée de Terre basés au Cannet-des-Maures se sont écrasés près de la commune de Carcès. L’accident s’est produit lors d’un vol d’instruction. Le chef de bataillon VASSELIN trouve la mort dans cet accident. Il totalisait 5400 heures de vol.

Le chef de bataillon Patrick VASSELIN est chevalier de l’ordre national du mérite, titulaire de la médaille de l’aéronautique, d’une citation avec attribution de la croix de guerre des théâtres d’opérations extérieures, de la médaille d’or de la défense nationale, de la médaille outre-mer avec agrafe « Tchad », « République de Côte d’Ivoire », « Moyen-Orient », et de la médaille commémorative française « ex-Yougoslavie ».

Agé de 52 ans, marié et père de quatre enfants, le chef de bataillon Patrick VASSELIN est mort en service.

 

 

 

Chef de bataillon François MILLE

Né le 1er avril 1982 à Dieppe (76), le chef de bataillon François MILLE a servi la France durant plus de 16 ans.

Le 1er septembre 2001, il s’engage au titre de l’école nationale des sous-officiers d’active à Saint-Maixent l’Ecole. A l’issue de sa formation initiale, il choisit de servir à l’école d’application de l’aviation légère de l’armée de Terre à (EALAT) Dax et entame sa carrière dans le domaine de l’aérocombat.

Brillant élève, il obtient son brevet de pilote d’hélicoptère et rejoint en juin 2003 le 3e régiment d’hélicoptères de combat stationné à Etain. Après quelques mois de présence au régiment, il est projeté en République de Côte d’Ivoire dans le cadre de l’opération Licorne comme pilote de combat sur « Gazelle ». Il accomplit chacune de ses missions avec professionnalisme. Il effectue deux autres mandats en République de Côte d’Ivoire en 2005 puis en 2006. Il est à nouveau désigné pour servir en Afghanistan en 2009 puis en 2010 en qualité de pilote puis chef de bord. Ses compétences techniques et ses connaissances tactiques contribuent à l'excellente réalisation des missions opérationnelles qui lui sont confiées et font de lui un élément moteur au sein de son unité. Participant à de nombreuses opérations aériennes dans des conditions délicates en territoire hostile, il démontre au quotidien l’étendue de son savoir-faire.

Doté de remarquables qualités professionnelles et humaines, il est recruté en tant qu’officier sous contrat pilote et est promu lieutenant le 1er septembre 2010.

A l’été 2012, il est affecté à l’école de l’aviation légère de l’armée de Terre au Cannet-des-Maures. Motivé et soucieux d’aller toujours de l’avant, il obtient la même année sa qualification de moniteur sur hélicoptère de reconnaissance et d’attaque. Très attaché à la qualité de la formation dispensée et doté d’une riche expérience, il s'impose naturellement auprès des stagiaires. Sa disponibilité et son investissement personnel sont unanimement appréciés et reconnus. Il obtient en 2016 sa qualification de chef patrouille.

Le vendredi 2 février 2018, deux hélicoptères de l’école de l’aviation légère de l’armée de Terre basés au Cannet-des-Maures se sont écrasés près de la commune de Carcès. L’accident s’est produit lors d’un vol d’instruction. Le chef de bataillon MILLE trouve la mort dans cet accident. Il totalisait 3100 heures de vol.

Titulaire de la médaille d’or de la défense nationale, il est également décoré de la médaille d’outre-mer avec agrafe « République de Côte d’Ivoire » et de la médaille commémorative française avec agrafe  « Afghanistan ». Au cours de sa carrière, il est félicité puis cité à deux reprises, dans le cadre du plan HEPHAISTOS puis dans le cadre de l’opération PAMIR en Afghanistan.

Agé de 35 ans, marié et père de deux enfants, le chef de bataillon François MILLE est mort en service.

 

 

 

 


Chef de bataillon Quentin GIBERT

Né le 23 mai 1988 à Roanne (42), le chef de bataillon Quentin GIBERT a servi la France durant plus de 10 ans.

Le 1er novembre 2007, il s’engage en qualité d’élève sous-officier à l’école nationale des sous-officiers d’active de Saint-Maixent. Il est nommé sergent le 1er mars 2008. A l’issue de sa formation initiale, il rejoint l’école d’application de l’aviation légère de l’armée de Terre (EALAT) de Dax le 30 juin 2008. Travailleur consciencieux, il s’investit totalement dans l’instruction dispensée au cours de pilotage. Enthousiaste et dynamique, il obtient aisément l’adhésion de ses pairs.

Breveté pilote, il est nommé aspirant le 1er avril 2010 et rejoint le 1er régiment d’hélicoptères de combat de Phalsbourg le 19 avril. Extrêmement motivé par sa spécialité de pilote sur hélicoptère de reconnaissance et d’attaque, il prend à cœur ses nouvelles fonctions. Il progresse régulièrement tant sur le plan tactique que technique. Il est nommé sous-lieutenant le 1er avril 2011.

De mars à juillet 2013, il sert en renfort temporaire au sein du détachement de l’aviation légère de l’armée de Terre à Djibouti. Très disponible, il se porte ensuite volontaire pour suivre des stages de qualification opérationnelle et poursuit sa carrière en escadrille de combat. Il est promu lieutenant le 1er avril 2012. Il se perfectionne alors et obtient les qualifications survie en mer, vol tactique et appontage.

De janvier à avril 2014, il est projeté au Mali au titre de l’opération « SERVAL » en qualité de pilote sur hélicoptère « GAZELLE ». Ses excellentes qualités humaines et techniques, sa rigueur et son calme lui permettent de s’illustrer lors de missions de reconnaissances périlleuses en vallée d’Ametetaï. A son retour en métropole, il prend la fonction d’adjoint au chef de la cellule opérations de l’escadrille. Il suit un stage de survie OTAN en Norvège. Il est promu capitaine le 1er avril 2016.

Le 1er août 2016, il est sélectionné pour servir au 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales à Pau et rejoint la 2e escadrille des opérations spéciales. Qualifié « opérateur régiment hélicoptères actions spéciales » (ORHAS), toujours sur « GAZELLE », il sert à nouveau en opération extérieure en bande sahélo-saharienne. Il est ensuite de nouveau projeté de juin à août 2017 pour un exercice sur le territoire de Djibouti.

Le vendredi 2 février 2018, deux hélicoptères de l’école de l’aviation légère de l’armée de Terre basés au Cannet-des-Maures se sont écrasés près de la commune de Carcès. L’accident s’est produit lors d’un vol de formation en vue d’obtenir une nouvelle qualification. Le chef de bataillon GIBERT trouve la mort dans cet accident. Il totalisait plus de 1100 heures de vol (dont 260 de nuit).

Le chef de bataillon Quentin GIBERT est titulaire de la médaille outre-mer et de la médaille d’argent de la défense nationale.

 

Agé de 29 ans, marié, il est mort en service.

 

 

 

Chef de bataillon Sébastien GRÈVE

 

Né le 11 mars 1987 à Valence (26), le chef de bataillon Sébastien GRÈVE a servi la France durant plus de neuf ans.

 

Le 26 février 2009, il s’engage en tant qu’officier sous contrat pilote et rejoint les écoles de Coëtquidan.

 

Nommé aspirant à compter du 1er avril 2009, il s’investit dans sa formation et manifeste un goût de l’effort prononcé. Il poursuit ensuite son cursus et rejoint l’école d’application de l’aviation légère de l’armée de Terre (EALAT) à Dax le 30 juillet 2009. Élément moteur au sein de son stage, il est très apprécié pour son comportement exemplaire et sa rigueur. Il obtient son brevet de pilote de combat sur hélicoptère « Gazelle » le 1er juin 2011.

 

Il est affecté au 1er régiment d’hélicoptères de combat à Phalsbourg le 14 juin 2011.

 

Jeune officier, il est un pilote sérieux et assidu dans la poursuite de ses formations et obtient rapidement ses qualifications complémentaires. Il est promu sous-lieutenant le 1er mars 2013. Pilote opérationnel performant et excellent sportif, il est particulièrement motivé pour le domaine de l’aérocombat. Il est également qualifié officier renseignement et promu lieutenant le 1er mars 2014.

 

Engagé en opération extérieure en République Centrafricaine, au sein du sous-groupement aéromobile de l’opération Sangaris d’octobre 2014 à février 2015 en tant que pilote sur Gazelle Viviane, il fait preuve à la fois d’endurance, de rusticité, de professionnalisme et de sérénité sachant ainsi s’adapter à toute situation et faire face aux missions complexes qui lui sont confiées.

 

Il réussit les tests de sélection et rejoint le 1er août 2016 le 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales en tant que pilote « Gazelle ». Il réussit brillamment son stage d’ « opérateur régiment hélicoptères actions spéciales » (ORHAS). Officier d’une grande droiture morale et donnant en permanence le meilleur de lui-même, il s’intègre aisément au sein de son escadrille et s’imprègne très vite de l’état d’esprit des forces spéciales.

 

Le vendredi 2 février 2018, deux hélicoptères de l’école de l’aviation légère de l’armée de Terre basés au Cannet-des-Maures se sont écrasés près de la commune de Carcès. L’accident s’est produit lors d’un vol de formation en vue d’obtenir une nouvelle qualification.

 

Le le chef de bataillon trouve la mort dans cet accident. Il totalisait plus de 900 heures de vol (dont 200 de nuit).

 

Le le chef de bataillon est titulaire d’une citation avec attribution de la croix de la valeur militaire avec étoile de bronze le 1er septembre 2015, de la médaille outre-mer avec agrafe «République de Centrafrique » et de la médaille d’argent de la défense nationale le 1er janvier 2016.
 

Agé de 30 ans, marié et père de 4 enfants, le lieutenant GREVE est mort en service.