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Panégyrique du Capitaine Matthieu Gaudin

Entré en service le 1er mars 1997, Matthieu Gaudin s’engage à l’école des sous-officiers d’active de Saint Maixent l’École en qualité d’élève sous-officier. Nommé caporal 1er juin 1997, il fait d’emblée une excellente impression en démontrant de remarquables qualités physiques et un réel goût de l’effort. Le 1er septembre de cette même année, il est nommé au grade de sergent. Méthodique et organisé, il confirme un très bon potentiel.

 Le 6 octobre 1997, il est muté à l’école d’application de l’aviation légère de l’armée de terre de Dax, pour y suivre sa formation de spécialité pilote d’hélicoptère où il obtient des résultats très honorables.

 Le 6 juillet 1998, il rejoint sa première affectation au 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau. Il se voit confier le poste de pilote d’hélicoptère d’attaque où il donne aussitôt la pleine mesure de son potentiel. Possédant une haute conception de son métier, il commande avec assurance et conviction, affichant en permanence son grand sens des valeurs morales et sa loyauté.

Projeté en Ex-Yougoslavie du 4 septembre au 23 novembre 2002, lors de l’opération « Salamandre » en qualité d’analyste, il se distingue par son investissement continu et déterminé en effectuant un travail régulier et soigné, dans cette fonction nouvelle pour lui, ce qui lui vaut d’être félicité par le colonel commandant le bataillon de l’aviation légère de l’armée de terre multinational.

De retour en France, il est employé comme pilote d’hélicoptères de reconnaissance. Son sens de l’éthique sans faille, sa disponibilité et sa forte capacité font de lui un sous-officier de grande valeur et c’est tout naturellement qu’il est promu maréchal des logis-chef le 1er janvier 2004.

 Le 1er juillet 2004, il est affecté au 6e régiment d’hélicoptères de combat de Compiègne. Maîtrisant parfaitement son domaine de spécialité et passionné par le pilotage d’hélicoptères d’attaque, fonction qu’il occupe de nouveau, il obtient aisément le brevet supérieur de technicien de l’armée de terre le 1er juillet 2005 et est admis dans le corps des sous-officiers de carrière de l’armée de terre le 1er décembre de cette même année.

Le 15 décembre 2005, il est projeté en République de Côte d’Ivoire dans le cadre de l’opération « Licorne » en qualité d’adjudant d’unité et de chef de bord d’hélicoptère d’attaque. Bien que cumulant ces deux fonctions particulièrement sensibles, il répond avec succès à toutes les attentes de son chef, dans un environnement nouveau pour lui.

Il est de retour sur le territoire métropolitain le 13 avril 2006 et continue de ne susciter que des éloges de son commandement. Employé aussi comme adjoint au sein du secrétariat de son escadrille, il effectue, comme à son habitude, un travail de qualité, se distinguant par son sens de l’organisation et son efficacité.

 Le 1er juillet 2007, le 5e régiment d’hélicoptères de combat l’accueille de nouveau. Sous-officier aux très fortes capacités intellectuelles et militaires, il est admis au concours d’officiers d’active des écoles  d’armes (OAEA) le 14 avril 2008. Il participe dans la foulée à l’opération « Trident » au Kosovo à compter du 21 mai en tant que chef de bord d’hélicoptère de reconnaissance et d’attaque. Nommé aspirant le 1er septembre 2008, il est un jeune officier dynamique, rigoureux et animé d’un excellent état d’esprit. Il est de retour en France le 18 septembre 2008 et est promu sous-lieutenant le 1er janvier 2009 puis lieutenant le 1er août de la même année. D’une disponibilité et d’un enthousiasme remarquables, il se signale une fois de plus par l’excellence de ses résultats.

 Le 8 mars 2010, il est muté au 3e régiment d’hélicoptères de combat d’Étain en tant que chef de patrouille. S’appuyant sur une force de caractère assumée, il montre une humanité remarquable. Déployant une force de travail exceptionnelle et doué d’une vive intelligence, il commande avec détermination et discernement.

 Du 1er octobre au 26 novembre 2010, il est désigné pour renforcer le détachement « Corymbe » aux abords de la République de Côte d’Ivoire, à bord du transport de chalands de débarquement SIROCO en qualité de chef de patrouille, au sein duquel il fait preuve de réactivité et de professionnalisme. Puis, du 26 novembre au 15 décembre 2010, il participe à l’opération « Licorne », toujours en République de Côte d’Ivoire, dans cette fonction de chef de patrouille qu’il connaît bien. Particulièrement consciencieux, il fait preuve au quotidien d’un total dévouement.

 Toujours tourné vers l’opérationnel, il est engagé en Afghanistan dans le cade de l’opération « Pamir » dès le 29 mai 2011 en qualité de chef de patrouille hélicoptère de reconnaissance et d’attaque. Il se distingue dès le 5 juin, lors d’une mission, au cœur de la vallée de Kapisa dans une zone connue pour la densité de la menace insurgée. Chargé de la protection de l’hélicoptère Cougar qui transportait le général commandant la Task Force La Fayette, il décèle, grâce à l’emploi judicieux de son système d’arme « Viviane », un groupe ennemi particulièrement menaçant sur le trajet initialement prévu. Avec courage, sang-froid et détermination, il fait manœuvrer efficacement et rapidement sa patrouille dans une zone montagneuse réputée dangereuse, pour se soustraire aux vues et coups de l’ennemi, permettant ainsi d’atteindre l’objectif fixé.

Le 10 juin, lors d’une nouvelle mission d’escorte de nuit, il fait soudainement face à une baisse totale de visibilité. Ejecté violemment de son appareil qui s’est écrasé, il est secouru par d’importants moyens français et américains immédiatement déployés pour lui porter secours. Grièvement blessé, il décède le jour même des suites de ses blessures à l’hôpital militaire américain de Bagram.

Officier qui a payé de sa vie son engagement au service de son pays, il est promu à titre exceptionnel au grade de capitaine le 10 juin 2011.

 Il a reçu les insignes de chevalier de la Légion d’honneur,  une citation avec attribution de la croix de la valeur militaire avec palme de bronze,  la médaille de la Défense nationale échelon « or », la médaille commémorative française avec agrafe Afghanistan, la médaille Outre-mer avec agrafe Tchad, et la médaille de reconnaissance de la nation au titre des opérations extérieures.

Le capitaine Gaudin a également été félicité par 2 fois.

Marié il était le père de 5 enfants.