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Général de division (2S) Yann Pertuisel président de l'Entraide ALAT

Après la mort du capitaine BANZET en Indochine en 1952, Marie-Lise part pour l’Algérie où elle est recrutée par le lieutenant-colonel CRESPIN qui commande le célèbre GH2. Là, elle devient une des premières « PFAT » (Personnel Féminin de l’armée de Terre) et assure en quelque sorte la fonction d’assistante sociale au sein du GH2 de 1957 à 1959 (le poste n’était pas sensé exister car il y avait une assistante sociale en titre à Sétif). On peut donc affirmer qu’elle est la véritable pionnière des futures déléguées de l’Entraide ALAT qui vont plus tard être aux côtés des familles des camarades disparus ou blessés. C’est ainsi que le capitaine ESTOUP nous a relaté comment « Banzette » était venu accueillir à Alger la veuve du capitaine JACQUIN, mort en service aérien commandé en 1959. Elle avait accompagné Denise JACQUIN jusqu’à Aïn Arnat et l’avait logé chez elle. Pendant toute la durée des obsèques, Marie-Lise n’avait pas lâché la main de Denise avec qui elle est restée très liée. Il nous a aussi raconté comment il faisait le « taxi » pour sa chère Marie-Lise avant leur mariage alors qu’elle allait rendre visite à des familles de l’ALAT endeuillées en Alsace.

En 1961 elle rejoint le COMALAT à Issy les Moulineaux auprès du général Le MASSON, ce lieutenant qui avait été blessé avec son mari en 1940… Le COMALAT lui confie un jour la mission de rendre visite à un officier de l’ALAT emprisonné à Fresnes pour avoir mis son peloton d’avions à la disposition du général CHALLE… Cet officier n’était autre que le capitaine GERVAIS, notre grand Ancien, colonel honoraire et grand officier de la Légion d’honneur qui nous a quittés en 2013. C’est à Fresnes qu’elle fait la connaissance de son futur mari, légionnaire du 1er REP et emprisonné lui aussi dans la cellule voisine. C’est la Maréchale de LATTRE qui les mariera le 31 janvier 1962…

 

« Banzette » est décédée le 18 février 2017 dans sa 93ème année.

« Banzette » est ni plus ni moins que celle qui peut être considérée comme la toute première des « déléguées » de l’Entraide ALAT d’aujourd’hui ! Elle a été une actrice très engagée de l’histoire de notre belle Arme et de ses toutes premières années d’existence.

 

C’est dès l’âge de 16 ans que Marie-Lise (future « Banzette ») ESTOUP, née BOELLMANN, s’affirme comme une femme hors du commun. Ayant fui l’Alsace avec ses parents après la débâcle de 40, elle est lycéenne à Saint-Germain en région parisienne lorsqu’elle est condamnée à deux mois de prison pour « insulte à l’armée allemande ». Elle est déjà amoureuse du garçon de quatre ans son ainé qui deviendra plus tard son premier mari, le futur capitaine Raymond BANZET. Celui-ci aura également eu un parcours hors du commun puisqu’il s’engage à 18 ans et est blessé en mai 1940 au volant de l’automitrailleuse dont le chef n’est autre que le lieutenant Le MASSON, futur commandant de l’ALAT que « Banzette » retrouvera quelques années plus tard. C’est après avoir rejoint les forces françaises libres qu’il retrouve sa bien-aimée qu’il épouse le 6 février 1945 à l’occasion d’une permission. Il décide de poursuivre une carrière militaire et se lie alors d’amitié avec le sous-lieutenant Bernard de LATTRE. Cette amitié créera des liens très forts avec son célèbre père, le général de LATTRE, et sa mère que « Banzette » accompagnera près de cinq ans après la mort du Maréchal en 1952.


 

Une pionnière de l’Entraide ALAT